{"id":142,"date":"2010-07-28T08:35:38","date_gmt":"2010-07-28T08:35:38","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cetam.fr\/site\/?p=142"},"modified":"2010-07-28T08:35:38","modified_gmt":"2010-07-28T08:35:38","slug":"lapiculture-en-lorraine","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cetam.fr\/site\/2010\/07\/28\/lapiculture-en-lorraine\/","title":{"rendered":"L&#039;apiculture en Lorraine"},"content":{"rendered":"<h3>LORRAINE et APICULTURE, Pass\u00e9, pr\u00e9sent, futur.<\/h3>\n<p>GEOGRAPHIE<\/p>\n<p>Situ\u00e9e au nord est de la France sur la grande dorsale \u00e9conomique europ\u00e9enne, entre Londres et Milan, concentration des plus forts potentiels industriels, technologiques et scientifiques d\u2019Europe, la R\u00e9gion Lorraine en est un pilierimportant. Par son nord, elle est au contact de trois pays \u00e0 haut niveau de vie, la Belgique, le Luxembourg et l\u2019Allemagne. D\u2019une surface de 23 547 km2 , ayant 2 319 900 habitants soit 99 habitants au km2, la R\u00e9gion Lorraine est structur\u00e9e en 4 d\u00e9partements aux \u00e9cotypes vari\u00e9s\u00a0: Meurthe et Moselle (54)\u00a0; Meuse (55)\u00a0; Moselle (57)et Vosges (88).<\/p>\n<p><!--more--> Li\u00e9e \u00e0 la cr\u00e9ation vosgienne, la formation g\u00e9ologique de la Lorraine, rattach\u00e9e \u00e0 celle du bassin parisien, remonte au d\u00e9but de l\u2019\u00e8re secondaire, il y a 250 millions d\u2019ann\u00e9es. Trois parties distingue la Lorraine\u00a0: le Pays des C\u00f4tes, le Plateau Lorrain et le Massif Vosgien.Elle est d\u00e9coup\u00e9e du sud au nord par les trois vall\u00e9es de la Meuse, de la Meurthe, de la Moselle, s\u2019\u00e9levant \u00e0 l\u2019est sur le massif vosgien o\u00f9 na\u00eet aussi la Sarre. Entre c\u00f4tes de Meuse et c\u00f4tes de Moselle s\u2019\u00e9tend la fertile plaine de la Wo\u00ebvre (argiles du Callovien) large de 25 \u00e0 30 Km.\t Le d\u00e9partement de la Moselle se situe \u00e0 la bordure orientale du Bassin parisien, \u00e0 son contact avec le massif des Vosges. A l\u2019ouest, se trouve les c\u00f4tes de Moselle, rebords escarp\u00e9s des calcaires jurassiques du Haut-Pays, d\u00e9coup\u00e9es par les affluents de la Moselle qui isolent de nombreuses collines. Avec la Wo\u00ebvre, les c\u00f4tes de Moselle sont l\u2019un des secteurs les moins arros\u00e9s par les pluies en Lorraine. Au pied des c\u00f4tes, o\u00f9 coule la Moselle,qui envoie ses eaux par le Rhin \u00e0 la mer du Nord, s\u2019\u00e9tend une plaine d\u2019argiles jurassiques. Au nord, la Warndt est un plateau forestier o\u00f9 se situe les anciens bassins miniers des houill\u00e8res, limit\u00e9s par la Sarre.Vers l\u2019est, se trouve le pays de Bitche et les collines s\u2019adossant aux basses Vosges, compos\u00e9s de Muschelkalk (calcaires coquilliers), de marnes iris\u00e9es et de gr\u00e8s bigarr\u00e9s du trias moyen. Enfin, \u00e0 l\u2019est et au sud-est, la montagne foresti\u00e8re se rattache aux Basse Vosges gr\u00e9seuses et en constitue les premi\u00e8res hauteurs. Le point culminant lorrain est le Hohneck \u00e0 1364 m sur la cr\u00eate allant vers l\u2019Alsace.<\/p>\n<p>INDUSTRIE<\/p>\n<p>L\u2019industrie est diversifi\u00e9e,concentr\u00e9e dans la partie nord de la R\u00e9gion, le long des fronti\u00e8res et de la vall\u00e9e de Moselle sur l\u2019axe Thionville-Epinal. La production automobile, les sous-traitants, boites de vitesse, pneumatiques, batteries, \u00e9lectronique, les d\u00e9riv\u00e9s des fili\u00e8res bois forment une activit\u00e9 importante, rempla\u00e7ant les houill\u00e8res ferm\u00e9es depuis plusieurs ann\u00e9es. L\u2019industrie lourde sid\u00e9rurgique survie dans la vall\u00e9e de la Moselle. Les industries salines (r\u00e9gion de Dieuze) et chimiques du secteur de Nancy, Forbach, Carling, Sarralbe sont en sursis. Les quatre Universit\u00e9s de Nancy(3)-Metz (1)rassemblent plus de 3000 chercheurs dont 2000 publiants, 55 000 \u00e9tudiants ,constituant un potentiel cr\u00e9atif et intellectuel vital. Issues d\u2019une rivalit\u00e9 ancienne entre les deux p\u00f4les lorrains, elles vont enfin fusionner(2012) pour constituer une universit\u00e9 unique, \u00e9conomie des savoirs et d\u2019excellence scientifique \u00e0 la mesure des d\u00e9fis euro-mondiaux o\u00f9 la Lorraine se doit d\u2019 \u00eatre pr\u00e9sente.<\/p>\n<p>AGRICULTURE<\/p>\n<p>L\u2019agriculture s\u2019exerce sur des sols difficiles. La Lorraine agricole produit des c\u00e9r\u00e9ales, orge, bl\u00e9, colza, avoine, mais aussi du houblon et des betteraves. L\u2019\u00e9levage bovin, vaches laiti\u00e8res, broutards, est important sur le plateau lorrain, consacr\u00e9 aux p\u00e2turages et au fourrage. L\u2019exploitation foresti\u00e8re domine au Haut-Pays et dans la montagne vosgienne. La for\u00eat lorraine est compos\u00e9e de feuillus, h\u00eatres, ch\u00eanes,\u00e9rables,bouleaux, un peu de ch\u00e2taigniers. Les massifs vosgiens sont principalement form\u00e9s de r\u00e9sineux, \u00e9pic\u00e9as, sapins, pins, et de feuillus. En 2008 \u00ab\u00a0Floraine\u00a0\u00bb, l\u2019association des botanistes de Lorraine, termine la r\u00e9alisation d\u2019un atlas de la flore de Lorraine ce qui permettra une meilleure connaissance de la r\u00e9partition de toutes les esp\u00e8ces v\u00e9g\u00e9tales sur le territoire lorrain et de d\u00e9terminer les mesures de protection pour les esp\u00e8ces les plus rares ou en forte r\u00e9gression. La flore contient des digitales, des orchid\u00e9es,des plantes class\u00e9es au patrimoine mondial, des lys, arnicas, gentianes, pens\u00e9es sauvages, dros\u00e9ra,belladone, luzule blanche (parc des Vosges du Nord). Les vergers de pruniers comme la mirabelle, la quetsche, la reine-claude sont situ\u00e9s principalement en vall\u00e9e de Moselle mais aussi dans toute la r\u00e9gion, donnant des alcools blancs recherch\u00e9s. La pratique apicole, environ 1300 T \u00e0 1400T de miel en 2006 soit 8% de la production fran\u00e7aise reste int\u00e9ressante du fait de la tr\u00e8s grande diversit\u00e9 phytosociologique des terroirs et de zones prot\u00e9g\u00e9s comme, entre autres, le parc de Lorraine et le Parc Naturel R\u00e9gional des Vosges du Nord ,class\u00e9 \u00ab\u00a0R\u00e9serve mondiale de la Biosph\u00e8re\u00a0\u00bb par l\u2019UNESCO. Le climat de type continental oc\u00e9anique est assez rude et pluvieux dans les parties montagneuses, mais est plus temp\u00e9r\u00e9 dans le pays messin et la vall\u00e9e de la Moselle o\u00f9 la vigne (900 ha class\u00e9s VDQS) comme dans le Toulois, (700 ha) produit du vin (AOC, \u00ab\u00a0Gris de Toul\u00a0\u00bb) depuis le 3\u00b0si\u00e8cle.<\/p>\n<p>APICULTURE<\/p>\n<p>L\u2019apiculture tient une place \u00e0 part dans le monde agricole lorrain. Longtemps ignor\u00e9e des instances agricoles et politiques, par son unification, elle est d\u00e9sormais consid\u00e9r\u00e9e comme un partenaire r\u00e9gional agricole \u00e0 part enti\u00e8re. Soci\u00e9talement, les apiculteurs ruraux lorrains en d\u00e9clin, sont de plus en plus marginalis\u00e9s car l\u2019implantation urbaine des ruches se d\u00e9veloppe davantage. Les 3300 apiculteurs estim\u00e9s en 2008 en Lorraine, ont g\u00e9n\u00e9ralement moins de 10 ruches. Une vingtaine d\u2019apiculteurs lorrains sont des professionnels exclusifs. L\u2019apiculture lorraine vit une p\u00e9riode difficile li\u00e9e surtout au vieillissement de la profession apicole. La r\u00e9duction drastique des adh\u00e9rents des syndicats lorrains, malgr\u00e9 les ruchers \u00e9coles, ob\u00e9it \u00e0 cette situation, aggrav\u00e9e par le renoncement \u00e0 l\u2019apiculture, faute d\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e9conomique \u00e9vident, d\u2019une jeunesse peu motiv\u00e9e. La d\u00e9faillance du maillage territorial apicole secondaire au non-remplacement des petits producteurs qui disparaissent en milieu rural, a des cons\u00e9quences de plus en plus marqu\u00e9es sur les productions agricoles,en particulier chez les arboriculteurs. La couverture pollinique minimale estim\u00e9e \u00e0 2 ruches par kilom\u00e8tre carr\u00e9 n\u2019est plus assur\u00e9e dans de nombreux secteurs en particulier dans les Vosges. L\u2019apiculture lorraine doit aussi faire face \u00e0 de s\u00e9rieuses difficult\u00e9s \u00e9conomiques li\u00e9es \u00e0 la morbi-mortalit\u00e9 des ruches. Les pathologies apicoles r\u00e9duisent fortement le cheptel apiaire, son rendement, d\u00e9courageant les apiculteurs restants. La probl\u00e9matique sanitaire est li\u00e9e \u00e0 la persistance de la varroase, \u00e0 son cort\u00e8ge de pathologies induites dont les nos\u00e9moses. Cette situation est aggrav\u00e9e par les cons\u00e9quences sur l\u2019immunit\u00e9 des abeilles de l\u2019emploi pluri-d\u00e9c\u00e9nale des produits phytosanitaires en agriculture. La rar\u00e9faction pollinique constat\u00e9e dans les r\u00e9gions de grandes cultures est une autre s\u00e9quelle des traitements phytosanitaires et des remembrements r\u00e9duisant les buissons et taillis. Associ\u00e9s \u00e0 la transformation climatologique des biotopes, ces diff\u00e9rents facteurs alt\u00e8rent la vitalit\u00e9 des ruches rurales, l\u2019\u00e9quilibre de l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me ruche alors que, paradoxalement mais logiquement, les ruches urbaines moins expos\u00e9es au manque de pollen gr\u00e2ce au fleurissement urbain, sont en meilleur \u00e9tat sanitaire, avec de bonnes r\u00e9coltes de miel\u00a0! Une cause possible et oubli\u00e9e de morbidit\u00e9 est la conduite de rucher fond\u00e9e sur la r\u00e9colte intensive,oubliant les besoins physiologiques de l\u2019abeille. La surexploitation, la transhumance sont aussi responsables de carences nutritionnelles, de contaminations inter-ruches et de surmenage comme le notait d\u00e9j\u00e0 l\u2019abb\u00e9 WARRE( +1951)\u00a0: \u00ab\u00a0Les m\u00e9thodes modernes, par d\u2019autres proc\u00e9d\u00e9s dont je parle dans mon manuel, obligent encore l\u2019abeille \u00e0 un surmenage nuisible. Or, le surmenage conduit \u00e0 l\u2019affaiblissement et l\u2019affaiblissement rend plus apte \u00e0 contracter toutes les maladies, chez les abeilles comme chez les hommes.\u00a0\u00bb La Lorraine produit non seulement des miels de nectars de fleurs mais aussi une tr\u00e8s grande diversit\u00e9 de miels de crus comme le miel dit d\u2019acacia, de tilleul, de ch\u00e2taigniers, de ronce, pour les principaux.Les miellats de for\u00eat, le miel de sapin des Vosges r\u00e9put\u00e9s, sont recherch\u00e9s.Une appellation d\u2019origine contr\u00f4l\u00e9e Vosges (AOC\u00a0: 30 producteurs) pose plus de probl\u00e8mes qu\u2019elle n\u2019en r\u00e9sout. Le march\u00e9 du miel r\u00e9gionale est insuffisamment organis\u00e9, trop \u00e9troit, affront\u00e9 \u00e0 la concurrence des prix trop bas des miels exog\u00e8nes import\u00e9s. Tout n\u2019est cependant pas noir en Lorraine,loin de l\u00e0. Si l\u2019\u00e9tiage pr\u00e9visible des apiculteurs se situera autour de 1800 \u00e0 2500 producteurs dont 30 \u00e0 40 professionnels qui poss\u00e9deront plus du tiers du cheptel, celui-ci ne devrait globalement diminuer que tr\u00e8s mod\u00e9r\u00e9ment. Les formations sanitaires organis\u00e9es depuis un demi de si\u00e8cle par le GDSA de Moselle sont exemplaires, les ruchers \u00e9coles fonctionnent bien, ont de nouvelles recrues surtout du milieu de vie urbain. Un nouveau rucher-\u00e9cole voit le jour en 2009 \u00e0 l\u2019est, \u00e0 Volmunster, de jeunes professionnels tentent l\u2019aventure, le CETAM se d\u00e9veloppe tr\u00e8s r\u00e9guli\u00e8rement et devient une r\u00e9f\u00e9rence majeure dans le domaine analytique, des projets apicoles vari\u00e9s sont en cours. Les apiculteurs, leurs responsables attendent aussi beaucoup du plan r\u00e9gional de d\u00e9veloppement de l\u2019apiculture, plan soutenu par la Conf\u00e9d\u00e9ration R\u00e9gionale et ADAEST, approuv\u00e9 par la R\u00e9gion Lorraine concernant, entre autres dispositions, la g\u00e9n\u00e9ralisation des jach\u00e8res apicoles d\u00e9fendues par ADAEST et la CRAL pour augmenter les ressources polliniques, un plan qui doit encore trouver un financement p\u00e9renne<\/p>\n<p>UN PEU D\u2019HISTOIRE APICOLE<\/p>\n<p>Le miel est produit en Lorraine d\u00e9j\u00e0 \u00e0 l\u2019\u00e9poque romaine comme l\u2019atteste les fouilles arch\u00e9ologiques. Le centre cultuel romain majeur situ\u00e9 \u00e0 GRAND dans les Vosges, d\u00e9di\u00e9 \u00e0 Apollon et Granus, dieu celtique gu\u00e9risseur, devait consommer en quantit\u00e9 des cires et des miels \u00e0 vocation votive. La religion chr\u00e9tienne qui supplante le paganisme d\u00e8s la fin du 4\u00b0 si\u00e8cle n\u2019est pas en reste dans l\u2019usage des produits de la ruche. L\u2019apiculture reste d\u00e8s lors l\u2019apanage r\u00e9serv\u00e9 des religieux s\u00e9culiers, mais surtout des abbayes lorraines o\u00f9 les moines tirent des revenus tr\u00e8s substantiels de leurs ruchers. Le miel reste rare, difficile \u00e0 r\u00e9colter, press\u00e9 \u00e0 mains nues, charg\u00e9 de d\u00e9bris. Il permet seul de sucrer les aliments. La cuisine du Moyen \u00c2ge tr\u00e8s sucr\u00e9e,t\u00e9moigne que le miel est signe de richesse et de pouvoir. Outre la cueillette des ruches sauvages en for\u00eat qui sont enfum\u00e9es et vandalis\u00e9es, la r\u00e9colte de miel au moyen \u00e2ge se fait selon Estienne et Li\u00e9bault (1598) par une des trois \u00ab\u00a0m\u00e9thodes\u00a0\u00bb -Le transvasement, d\u2019une ruche vers une autre (r\u00e9colte totale) -Le pr\u00e9l\u00e8vement des cadres naturels de cire pour moiti\u00e9, sans consid\u00e9ration du contenu des galettes r\u00e9colt\u00e9es dans les ruches en bois. -L\u2019\u00e9touffage, ou la noyade(\u00a0!)tuant toutes les abeilles\u2026 Les cadres de cire sont press\u00e9s manuellement ou plus tardivement en pressoir, fondus avec cire surnageante. Dans la r\u00e9gion, les premi\u00e8res ruches en paille rempla\u00e7ant les troncs \u00e9vid\u00e9s utilis\u00e9s jusque l\u00e0, apparaissent au 15\u00b0-16\u00b0 si\u00e8cle. Depuis le haut Moyen-Age jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9poque imp\u00e9riale la technique de r\u00e9colte n\u2019\u00e9voluera pas. La plus grande \u00e9volution de l\u2019apiculture se produit apr\u00e8s la r\u00e9volution de 1789. Elle reste par osmose, indissociable de l\u2019histoire mosellane et alsacienne. En 1868, le pasteur Bastian met au point son propre mod\u00e8le de ruche appel\u00e9e plus tard ruche Bastian (Bastianstock) ou ruche alsacienne (Els\u00e4sserstock). Ce mod\u00e8le, d\u00e9riv\u00e9 des ruches Berlepsch et Dzierzon, apr\u00e8s de nombreuses am\u00e9liorations et mesures, est finalis\u00e9 en 1873. Des adaptations d\u2019origine locale modifient la ruche Bastian et donnent les variantes \u00e0 \u00ab\u00a0cadre debout\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0couch\u00e9\u00a0\u00bb, cette derni\u00e8re devenant progressivement pr\u00e9pond\u00e9rante. C\u2019est celle que j\u2019exploite aujourd\u2019hui encore avec satisfaction \u00e0 mon rucher dans l\u2019 adaptation \u00e0 12 cadres du syst\u00e8me CLAERR. La p\u00e9riode 1871-1914 appara\u00eet \u00e0 l\u2019historien local de l\u2019apiculture r\u00e9gionale JJ MARTZ comme un v\u00e9ritable \u00ab\u00a0\u00e2ge d\u2019or\u00a0\u00bb de l\u2019apiculture alsacienne et mosellane. La \u00ab\u00a0science apicole est dans l\u2019air du temps\u00a0\u00bb selon un texte contemporain. Les sections apicoles se multiplient en Alsace, stimul\u00e9es par l\u2019engouement g\u00e9n\u00e9ral et se rassemblent d\u00e8s 1876 en f\u00e9d\u00e9rations de syndicats de producteurs apicoles conform\u00e9ment aux dispositions l\u00e9gislatives imp\u00e9riales allemandes du droit du travail, dispositions qui perdurent dans le droit social local actuel. En Lorraine non occup\u00e9e, une figure se d\u00e9tache, celle d\u2019un autre eccl\u00e9siastique ,l\u2019abb\u00e9 VOIRNOT, n\u00e9 en 1844 \u00e0 MOIVRON, pr\u00e8s de Pont-\u00c0-Mousson \u00e0 proximit\u00e9 de la fronti\u00e8re franco-allemande.Il reconna\u00eet vite les limites d\u2019une conduite de rucher avec le panier fixe o\u00f9 les abeilles construisent librement leur b\u00e2tisse, sans que l\u2019apiculteur leur imposer un plan de travail, dans un panier ou une caisse. Les abeilles travaillent comme elles l\u2019auraient fait dans la nature en liant les g\u00e2teaux de cires les uns aux autres, sans axe de sym\u00e9trie pr\u00e9cise. Cette construction fig\u00e9e de l\u2019habitat impose \u00e0 l\u2019apiculteur de d\u00e9truire la b\u00e2tisse lorsqu\u2019il souhaite r\u00e9colter. L\u2019abb\u00e9 VOIRNOT cur\u00e9 depuis 1870 \u00e0 VILLERS(+1900), exp\u00e9rimentateur n\u00e9, utilise alors dans son rucher des paniers avec hausse et grille \u00e0 reine, inventions d\u2019un eccl\u00e9siastique lorrain voisin, l\u2019Abb\u00e9 COLLIN. Leur usage ne r\u00e9sout pas les probl\u00e8mes de la conduite et de l\u2019 adaptation de la ruche modifi\u00e9e \u00e0 une production optimale. Apr\u00e8s plusieurs saisons apicoles d\u2019observation et de r\u00e9flexion, l\u2019abb\u00e9 VOIRNOT publie en 1891 le trait\u00e9 princeps qui le fera conna\u00eetre\u00a0:\u00ab\u00a0l\u2019Apiculture Eclectique\u00a0\u00bb o\u00f9 il donne sa m\u00e9thode d\u2019apiculture et les dimensions raisonn\u00e9es d\u2019une ruche optimale.\u00ab\u00a0J\u2019ai cherch\u00e9 \u00e0 r\u00e9unir en un seul mod\u00e8le tous les perfectionnements conciliables que j\u2019ai emprunt\u00e9s partout\u00a0\u00bb dira-t-il. Sa m\u00e9thode connue un rapide et franc succ\u00e8s m\u00e9rit\u00e9, car elle r\u00e9volutionnait l\u2019apiculture du 19\u00b0 si\u00e8cle en Lorraine fran\u00e7aise , comme le faisaient ses concurrents DADANT, LAYENS et LANGSTROTH, mais \u00e0 l\u2019\u00e9poque son succ\u00e8s fut essentiellement r\u00e9gional et en p\u00e9riph\u00e9rie de la Lorraine, au Luxembourg, en Belgique, mais aussi en Suisse non al\u00e9manique. Cette ruche est de fait bien adapt\u00e9e au petit producteur en milieu rigoureux ou en altitude. En Moselle occup\u00e9e, la ruche alsacienne du pasteur protestant BASTIEN, le syst\u00e8me normalis\u00e9 allemand restent majoritaires face \u00e0 la ruche du cur\u00e9 catholique fran\u00e7ais\u2026<\/p>\n<p>L\u2019organisation de l\u2019apiculture, en Lorraine hors Moselle, fut aussi son \u0153uvre et nous lui en sommes redevables. Il est le fondateur de la Soci\u00e9t\u00e9 Apicole de l\u2019Est et l\u2019artisan promoteur de la F\u00e9d\u00e9ration des Soci\u00e9t\u00e9s Fran\u00e7aises d\u2019Apiculture qui aboutira \u00e0 la cr\u00e9ation du Syndicat National d\u2019Apiculture apr\u00e8s la Grande Guerre. La Premi\u00e8re Guerre mondiale marque la fin de cette p\u00e9riode b\u00e9nie en ce qui concerne l\u2019apiculture alsacienne et mosellane. L\u2019association, reconduite sous le nom de Soci\u00e9t\u00e9 d\u2019Apiculture d\u2019Alsace et de Lorraine, devient le premier mouvement apicole fran\u00e7ais en nombre d\u2019adh\u00e9rents. MARTZ constate\u00a0: \u00ab\u00a0Malgr\u00e9 cette position, un certain malaise se d\u00e9veloppe d\u00e8s les ann\u00e9es 1920. L\u2019enthousiasme des grands apiculteurs de la fin du XIXe si\u00e8cle dispara\u00eet avec leur mort. Les expositions apicoles ne font plus recette et la crise des ann\u00e9es 1930 se traduit par une m\u00e9vente du miel.\u00a0\u00bb La Seconde Guerre mondiale constitue une parenth\u00e8se dans l\u2019histoire de l\u2019apiculture lorraine et alsacienne. Le regroupement apicole, int\u00e9gr\u00e9 dans la politique apicole nazie, m\u00eame si les services propos\u00e9s par les occupants sont importants, n\u2019am\u00e8ne que tr\u00e8s peu d\u2019apiculteurs lorrains ou alsaciens \u00e0 participer volontairement au syst\u00e8me nazie, mais la contrainte les oblige \u00e0 c\u00e9der une part importante de leur r\u00e9colte minimis\u00e9e, au profit de l\u2019effort de guerre allemand. Malgr\u00e9 cette forme de r\u00e9sistance, l\u2019attitude de certaines personnalit\u00e9s apicoles et le fait que le soutien nazi en mati\u00e8re d\u2019apiculture est r\u00e9el, fera que la Soci\u00e9t\u00e9 d\u2019Apiculture d\u2019Alsace et de Lorraine ne sera pas reconduite apr\u00e8s le conflit. Les apiculteurs se retrouvent dans le cadre de f\u00e9d\u00e9rations d\u00e9partementales. \u00ab\u00a0Apr\u00e8s de nombreuses tentatives de regroupements avort\u00e9es, gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019action de Georges Kuntz et d\u2019Auguste Baldensperger,le mouvement apicole se joint au regroupement arboricole en 1952. L\u2019Union des F\u00e9d\u00e9rations apicoles et arboricoles d\u2019Alsace et de Moselle ( UFAM)voit le jour. Le regroupement apicole mosellan et alsacien, malgr\u00e9 certaines difficult\u00e9s d\u2019entente, se maintient de mani\u00e8re active jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui.\u00a0\u00bb( MARTZ ).L\u2019UFAM \u00e9dite depuis cette date, la revue mensuelle \u00ab\u00a0Fruits et Abeilles\u00a0\u00bb sur abonnement tirant \u00e0 pr\u00e8s de 14 000 exemplaires.<\/p>\n<p>AUJOURDHUI<\/p>\n<p>Que repr\u00e9sente en Lorraine l\u2019apiculture aujourd\u2019hui\u00a0? L\u2019ensemble de la R\u00e9gion Lorraine comptait en 2001, 3800 apiculteurs dont 1500 dans les Vosges pour 35 000 ruches. En Moselle 1084 apiculteurs sont syndiqu\u00e9s en 2000, 895 en 2005, 798 en 2007. La r\u00e9gion Alsace d\u00e9nombrait en 2001, 3290 apiculteurs se r\u00e9partissant 35380 ruches (Bas-Rhin\u00a0: 1720 apiculteurs, 18200 ruches\u00a0; Haut-Rhin\u00a0: 1570 apiculteurs, 17180 ruches). Les apiculteurs professionnels vivant du seul revenu apicole, ne sont qu\u2019une petite trentaine sur les 2 r\u00e9gions avec des cheptels de 300 \u00e0 700 ruches ne d\u00e9passant qu\u2019exceptionnellement 1000 ruches par exploitant. Le parc fran\u00e7ais est estim\u00e9 \u00e0 1,2 Million de ruches en 2004 dont environ 90 000 dans les six d\u00e9partements d\u2019Alsace-Lorraine. En 1907, pour m\u00e9moire, selon MARTZ \u00ab\u00a0l\u2019Alsace Moselle comptait 9931 apiculteurs et 51014 ruches. En moins de cent ans, le nombre de propri\u00e9taires de ruches a \u00e9t\u00e9 divis\u00e9 par trois et le nombre de colonies d\u2019abeilles par 1,5. Les apiculteurs se r\u00e9partissent en 22 syndicats apicoles regroup\u00e9s en une F\u00e9d\u00e9ration Apicole en Moselle , de m\u00eame il existe 51 syndicats alsaciens (Bas-Rhin\u00a0: 28 syndicats\u00a0; Haut-Rhin\u00a0: 23 syndicats). Ces regroupements adh\u00e8rent chacun \u00e0 une F\u00e9d\u00e9ration apicole d\u00e9partementale formant une Conf\u00e9d\u00e9ration R\u00e9gionale.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>En Meuse comme en Meurthe et Moselle existent deux syndicats d\u00e9partementaux qui adh\u00e8rent avec la Moselle \u00e0 la Conf\u00e9d\u00e9ration R\u00e9gionale des Apiculteurs Lorrains, ( CRAL) rejoint par deux syndicat vosgiens sur les quatre existants. Les deux conf\u00e9d\u00e9rations Lorraine et Alsace ont des liens tr\u00e8s \u00e9troits, une coop\u00e9ration renforc\u00e9e, la Lorraine disposant du CETAM dont le laboratoire tr\u00e8s performant est largement utilis\u00e9 par la profession. Des professionnels lorrains, alsaciens sont avec ceux de Champagne-Ardenne regroup\u00e9s au sein du SAPLAC (moins de 30).<\/p>\n<p>L\u2019apiculture lorraine conna\u00eet donc des difficult\u00e9s structurelles li\u00e9s comme en 1842 \u00e0 un manque d\u2019attrait \u00e9conomique \u00e9vident. La moyenne d\u2019\u00e2ge des apiculteurs ne cesse de s\u2019\u00e9lever. Elle atteint d\u00e9sormais un niveau critique (entre 65 ans et 70 ans) et les effectifs diminuent r\u00e9guli\u00e8rement, entre 3% et 4% de perte annuelle de membres selon les classes d\u2019\u00e2ge atteignant 8 \u00e0 9% certaines ann\u00e9es. La mutation profonde de l\u2019environnement dans les campagnes et les p\u00e9riph\u00e9ries des villes limitent de plus en plus les emplacements pour exercer la pratique apicole. Les apiculteurs, pour la plupart pluriactifs, trouvent rarement des successeurs au moment de leur disparition ou de leur d\u00e9part \u00e0 la retraite. Des causes s\u00e9rieuses comme les pathologies, les traitements utilis\u00e9s par l\u2019agriculture moderne, les intoxications, la perte de rentabilit\u00e9 \u00e9conomique sont responsables du d\u00e9clin de l\u2019activit\u00e9 apicole rurale avec maintien voir une croissance en zone urbaine. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne ne se rencontre pas uniquement en Alsace-Lorraine. La France et les autres pays membres de l\u2019Union europ\u00e9enne connaissent la m\u00eame crise apicole qui ne trouvera rem\u00e8de que dans la prise de conscience de l\u2019importance \u00e9cologique capitale de l\u2019abeille dans l\u2019environnement, de sa valeur \u00e9conomique en agriculture et de sa capacit\u00e9 biologique \u00e0 anticiper les crises et donc participer \u00e0 leur pr\u00e9vention.<\/p>\n<p>DEMAIN<\/p>\n<p>L\u2019apiculture devra assumer en quelques ann\u00e9es une mutation rapide et profonde. L\u2019exploitation apicole sera duale\u00a0: les producteurs professionnels qui assureront une part de plus en plus importante des r\u00e9coltes de miel et une apiculture technique de loisirs urbaine et p\u00e9riurbaine et des il\u00f4ts de petits producteurs ruraux en r\u00e9gression sous la pression des pathologies n\u00e9cessitant une pratique apicole de qualit\u00e9. La place de l\u2019abeille est assur\u00e9e. Les travaux du CETAM-L concernant la surveillance phyto-sociologique de l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me, la d\u00e9tection pr\u00e9coce des troubles induits par les polluants artificiels ou naturels, la transformation des conditions climatiques, leurs cons\u00e9quences sur notre environnement et nos pathologies, sont connus et confirment que l\u2019abeille est et restera une v\u00e9ritable sentinelle \u00e9cologique environnementale indispensable et sans \u00e9quivalent pour l\u2019homme. Les \u00e9tudes approfondies conduites \u00e0 l\u2019universit\u00e9 Strasbourg et de Metz concernant le syst\u00e8me immunitaire des insectes en g\u00e9n\u00e9ral et de l\u2019abeille sont porteuses d\u2019avenir pour l\u2019apiculture. Outre l\u2019int\u00e9r\u00eat de telles \u00e9tudes pour la sant\u00e9 des abeilles, des applications m\u00e9dicales humaines sont certaines. A preuve, les vecteurs de l\u2019immunit\u00e9 imm\u00e9diate, les ABP (antibact\u00e9rialpeptides). Ces peptides de bas poids mol\u00e9culaire agissent sur les membranes externes et internes des bact\u00e9ries, les d\u00e9truisant. A chaque famille infectieuse correspondent des ABP sp\u00e9cifiques. Les peptides de d\u00e9fense des insectes agissent aussi en d\u00e9sorganisant le syst\u00e8me de r\u00e9paration bact\u00e9rien. Une meilleure connaissance des r\u00e9cepteurs rendra possible le d\u00e9veloppement de nouvelles classes d\u2019antibiotiques s\u00e9lectifs sp\u00e9cifiques d\u2019une bact\u00e9rie ou d\u2019un champignon. Les antibiotiques peptidiques du type Apida\u00e9cine ( abaecine, hymenoptaecin) ayant une activit\u00e9 renforc\u00e9e ou selon les couplages, des spectres antibact\u00e9riens diff\u00e9rents, sont de bons candidats. La m\u00e9llitine du venin d\u2019abeille a une efficacit\u00e9 bact\u00e9ricide meilleure que les peptides bact\u00e9ricides des animaux, comme les c\u00e9cropines et magainine 2. L\u2019espoir est certain de mettre sur le march\u00e9 de nouveaux m\u00e9dicaments, notamment anti-tumoraux, issus de l\u2019abeille et de ses productions, qui viendront renforcer les moyens de la m\u00e9decine de demain. Les contributions efficaces des constituants usit\u00e9s de la ruche et de leurs d\u00e9riv\u00e9s synth\u00e9tis\u00e9s ou extraits des produits organiques issus de l\u2019h\u00e9molymphe de l\u2019abeille, de ses cellules, sont la vraie chance de l\u2019apith\u00e9rapie moderne et renforceront l\u2019int\u00e9r\u00eat d\u2019une frange \u00e9clair\u00e9e de la population \u00e0 la pratique de l\u2019apiculture.<\/p>\n<p>Source de m\u00e9dicaments d\u2019avenir, productrice de miel et de cire, pollinisatrice \u00e9m\u00e9rite, l\u2019abeille est, pour la population, pour ceux qui la pratiquent, la garante du maintien de la qualit\u00e9 environnementale de notre milieu et de notre sant\u00e9. Elle demeure \u00e0 travers le maillage territorial indispensable des ruchers des petits producteurs de miel en Lorraine et d\u2019ailleurs , notre alli\u00e9 le plus pr\u00e9cieux, le plus vital pour permettre \u00e0 nos descendants de vivre durablement dans un monde habitable\u2026<\/p>\n<p>Dr BECKER Albert Pr\u00e9sident de la Conf\u00e9d\u00e9ration R\u00e9gionale des Apiculteurs Lorrains , de la F\u00e9d\u00e9ration de Moselle, du CETAM-L Vice-Pr\u00e9sident de l\u2019EPBA ( Europeen Prof. Beekeepers Ass.) et du GDSA 57<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>LORRAINE et APICULTURE, Pass\u00e9, pr\u00e9sent, futur. GEOGRAPHIE Situ\u00e9e au nord est de la France sur la grande dorsale \u00e9conomique europ\u00e9enne, entre Londres et Milan, concentration des plus forts potentiels industriels, technologiques et scientifiques d\u2019Europe, la R\u00e9gion Lorraine en est un pilierimportant. 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