{"id":65,"date":"2010-07-24T17:33:19","date_gmt":"2010-07-24T17:33:19","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cetam.fr\/site\/?p=65"},"modified":"2010-07-24T17:33:19","modified_gmt":"2010-07-24T17:33:19","slug":"sauvegarde-de-labeille-saharienne","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cetam.fr\/site\/2010\/07\/24\/sauvegarde-de-labeille-saharienne\/","title":{"rendered":"Sauvegarde de l&#039;abeille saharienne"},"content":{"rendered":"<h3 style=\"text-align: center;\"><\/h3>\n<h2 style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #008000;\"><strong>2012 : -les apiculteurs marocains en Moselle<\/strong><\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #008000;\"><strong>Ci-dessous article paru dans le R\u00e9publicain lorrain du 05 juillet 2012<\/strong><\/span><\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><a href=\"http:\/\/www.cetam.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2010\/07\/RL-050712-abeille-sahharienne.pdf\">RL 050712 abeille saharienne<\/a><\/h3>\n<h2 style=\"text-align: center;\"><strong>Ann\u00e9e internationale de la biodiversit\u00e9\u00a0: un programme pour sauver l\u2019abeille saharienne, <\/strong><em><strong>Apis mellifera sahariensis<\/strong><\/em><strong>\u2026<\/strong><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019ann\u00e9e 2010 est l\u2019ann\u00e9e internationale de la biodiversit\u00e9. La liste des esp\u00e8ces menac\u00e9es par suite de la pression anthropique s\u2019allonge r\u00e9guli\u00e8rement. Certaines disparaissent avant m\u00eame d\u2019avoir m\u00eame d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 inventori\u00e9es. Parmi les menaces, la rar\u00e9faction des pollinisateurs, maillons essentiels au fonctionnement de presque tous les \u00e9cosyst\u00e8mes terrestres, est pr\u00e9occupante. Parmi les pollinisateurs, les apid\u00e9s en g\u00e9n\u00e9ral ont une place \u00e0 part et l\u2019extension mondiale de l\u2019abeille domestique, <em>Apis mellifera<\/em>, li\u00e9e \u00e0 sa grande adaptabilit\u00e9 climatique et \u00e0 son \u00e9levage font jouer \u00e0 cette derni\u00e8re un r\u00f4le privil\u00e9gi\u00e9. Les menaces qui p\u00e8sent sur elle sont nombreuses. L\u2019utilisation d\u2019insecticides, d\u2019acaricides et d\u2019herbicides\u00a0 et les \u00e9ventuelles actions de synergie qui peut exister entre ces mol\u00e9cules en fait des coupables id\u00e9als. La modification de l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me \u00ab\u00a0ruche\u00a0\u00bb sous la pression de pathologies li\u00e9es \u00e0 <em>Varroa destructor<\/em>, de <em>Nosema ceran\u00e6<\/em> et de virus est \u00e9galement \u00e0 prendre en compte. Mais l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me \u00ab\u00a0ruche\u00a0\u00bb est \u00e9galement perturb\u00e9 par certaines pratiques apicoles o\u00f9 l\u2019abeille s\u2019est vue \u00ab\u00a0d\u00e9sanimalis\u00e9e\u00a0\u00bb pour devenir uniquement une \u00ab\u00a0machine \u00e0 produire du miel\u00a0\u00bb sacrifi\u00e9e sur l\u2019autel du rendement et du profit imm\u00e9diat.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Parmi toutes les sous-esp\u00e8ces d\u2019abeille, l\u2019une d\u2019elles est plus particuli\u00e8rement menac\u00e9e et pourrait m\u00eame dispara\u00eetre, c\u2019est <em>Apis mellifera sahariensis<\/em> (Baldensperger 1922), plus connue sous le nom d\u2019abeille saharienne, d\u2019abeille du Sahara ou, localement, d\u2019abeille jaune. Cette abeille peuple naturellement les oasis sahariens alg\u00e9riens et marocains. Elle a surtout \u00e9t\u00e9 d\u00e9crite au MAROC par BALDENSPERGER (1924) puis par HACCOUR (1960), \u00e9tudes compl\u00e9t\u00e9es plus tard par RUTTNER (1968) qui la consid\u00e9rait comme une forme de transition entre <em>A. mel intermissa<\/em> et <em>adansonii<\/em> mais qui plus tard (1978) en a fait une race \u00e0 part enti\u00e8re. Cit\u00e9e par le Fr\u00e8re ADAM, CORNUET et all (1988) ont travaill\u00e9 sur sa biom\u00e9trie. Plus r\u00e9cemment, elle a \u00e9galement fait l\u2019objet de quelques \u00e9tudes parcellaires \u00e0 partir d\u2019\u00e9chantillons assez r\u00e9duits dans le cadre de travaux plus g\u00e9n\u00e9raux sur la r\u00e9partition des abeilles en Afrique (morphom\u00e9trie,\u00a0 allozymes, ADN mitochondrial\u2026)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au MAROC, l\u2019existence de cette abeille, s\u2019explique facilement par son isolement g\u00e9ographique lequel a favoris\u00e9 sa sp\u00e9ciation en la s\u00e9parant des autres sous-esp\u00e8ces d\u2019abeilles, HAUT ATLAS et ANTI ATLAS la s\u00e9parant des abeilles situ\u00e9es plus au nord et \u00e0 l\u2019ouest comme tellienne<em> A. mel intermissa<\/em> et la \u00ab\u00a0major\u00a0\u00bb et le SAHARA la s\u00e9parant des abeilles tropicales africaines.\u00a0 Cette abeille jaune, beaucoup plus douce que l\u2019abeille tellienne et parfaitement adapt\u00e9e aux dures conditions climatiques de ces r\u00e9gions arides est, aujourd\u2019hui, menac\u00e9e de disparition suite aux traitements anti-acridiens et \u00e0 l\u2019introduction volontaire ou par la transhumance de l\u2019abeille tellienne ou \u00ab\u00a0abeille noire\u00a0\u00bb. C\u2019est dans ce cadre que le CETAM Lorraine, avec le soutien de l\u2019Ambassade de France au MAROC, intervient \u00e0 SKOURA pr\u00e8s de OUARZAZATE aupr\u00e8s de l\u2019Association ALBISHER pour le d\u00e9veloppement et l\u2019environnement. L\u2019action, commenc\u00e9e en 2009, a pris sa vitesse\u00a0 de croisi\u00e8re en 2010 et se poursuivra pendant les prochaines ann\u00e9es. Elle s\u2019inscrit tout particuli\u00e8rement dans le dans le cadre de l\u2019ann\u00e9e internationale de la biodiversit\u00e9 et elle pourrait \u00eatre int\u00e9gr\u00e9e au plan \u00ab\u00a0Maroc vert\u00a0\u00bb. Il s\u2019agit d\u2019un vaste programme visant tout d\u2019abord \u00e0 \u00e9tablir <strong>un \u00e9tat des lieux<\/strong> et <strong>\u00e0 rechercher suffisamment de souches d\u2019abeilles sahariennes<\/strong> pour assurer la conservation de cette sous-esp\u00e8ce via les techniques de s\u00e9lection et d\u2019\u00e9levage de reines et, parall\u00e8lement, \u00e0 former les apiculteurs de la r\u00e9gion de SKOURA \u00e0 ces m\u00eames techniques d\u2019\u00e9levage des reines et de s\u00e9lection. Il pourrait enfin aboutir \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019un conservatoire de \u00ab\u00a0l\u2019abeille jaune\u00a0\u00bb pour assurer sa p\u00e9rennisation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"text-decoration: underline;\"> La r\u00e9gion de SKOURA<\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">SKOURA est une petite agglom\u00e9ration sise dans une palmeraie situ\u00e9e dans la vall\u00e9e du DAD\u00c8S \u00e0 une quarantaine de kilom\u00e8tres au\u00a0 NEE d\u2019OUARZAZATE. L\u2019oued DAD\u00c8S qui na\u00eet dans le HAUT ATLAS forme, au niveau d\u2019OUARZAZATE, avec l\u2019oued OUARZAZATE l\u2019oued DR\u00c2A.\u00a0 Au nord de SKOURA, culminent les sommets du HAUT ATLAS alors qu\u2019au sud la palmeraie est limit\u00e9e par le Djebel SARHRO, lui-m\u00eame travers\u00e9 par l\u2019oued DR\u00c2A. Encore plus au sud, c\u2019est le d\u00e9but du SAHARA.\u00a0 En raison de la beaut\u00e9 des sites (HAUT ATLAS,\u00a0 Vall\u00e9e des Roses, Vall\u00e9e du Dr\u00e2a, Gorges du Dad\u00e8s, pr\u00e9sence de nombreuses\u00a0 casbahs), la r\u00e9gion attire de plus en plus les touristes et les randonneurs. Mais les habitants vivent surtout de l\u2019agriculture et de l\u2019artisanat. Dans les nombreux douars qui entourent SKOURA on cultive les oliviers, les amandiers (la premi\u00e8re grande floraison nectarif\u00e8re) et d\u2019autres arbres fruitiers mais \u00e9galement des plantes fourrag\u00e8res comme la luzerne et des c\u00e9r\u00e9ales. L\u2019apiculture est \u00e9galement bien pr\u00e9sente o\u00f9 cohabitent une apiculture \u00e0 la fois moderne et traditionnelle. Ces cultures sont possibles gr\u00e2ce aux oueds et \u00e0 l\u2019irrigation, les hautes montagnes de l\u2019ATLAS largement enneig\u00e9es en hiver, v\u00e9ritable ch\u00e2teau d\u2019eau naturel, alimentant les oueds une grande partie de l\u2019ann\u00e9e. \u00c0 proximit\u00e9 d\u2019OUARZAZATE, le grand barrage EL MANSOUR ED DAHBI, construit en 1971, constitue une retenue d\u2019eau artificielle permettant de r\u00e9guler l\u2019approvisionnement en eau de la r\u00e9gion et de lutter contre sa d\u00e9sertification. La proximit\u00e9 du SAHARA, la pr\u00e9sence des barri\u00e8res naturelles que sont le HAUT ATLAS et l\u2019ANTI ATLAS expliquent facilement cette aridit\u00e9 avec des pr\u00e9cipitations annuelles moyennes de seulement 112 mm \u00e0 OUARZAZATE et une pluviosit\u00e9 souvent nulle en \u00e9t\u00e9. Les temp\u00e9ratures\u00a0 minimales moyennes s\u2019\u00e9chelonnent entre 1,9\u00b0C en janvier et 21,3\u00b0C en juillet, les maximales entre 16,6\u00b0C en janvier et 37,8\u00b0C en juillet, mois o\u00f9 la temp\u00e9rature peut souvent exc\u00e9der 45\u00b0C et cela malgr\u00e9 le fait, qu\u2019en raison de la proximit\u00e9 de l\u2019ATLAS, nous sommes \u00e0 plus de 1000 m\u00e8tres d\u2019altitude (1200 m\u00e8tres \u00e0 SKOURA).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"text-decoration: underline;\">L\u2019apiculture dans le sud &#8211; marocain<\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019apiculture et tout particuli\u00e8rement le miel ont toujours tenu une place particuli\u00e8re dans le monde arabo-musulman. Cit\u00e9 dans le Coran comme b\u00e9n\u00e9fique pour la sant\u00e9, le miel est bien s\u00fbr un aliment, mais \u00e9galement un m\u00e9dicament largement utilis\u00e9 dans la m\u00e9decine traditionnelle \u00e0 cause de ses propri\u00e9t\u00e9s intrins\u00e8ques qui en font une panac\u00e9e capable de gu\u00e9rir presque tous les maux, mais \u00e9galement comme \u00e9dulcorant pour adoucir diverses pr\u00e9parations\u2026 Il entre dans la confection de mets fortifiants ou aphrodisiaques. Cette tradition se retrouve tout naturellement dans le sud marocain o\u00f9 l\u2019apiculture, \u00e0 la fois m\u00e9lange de tradition et de modernit\u00e9, est bien implant\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En g\u00e9n\u00e9ral, au Maroc, la ruche traditionnelle est un cylindre en vannerie de canne. Elle poss\u00e8de une longueur de 1,20m et un diam\u00e8tre de 0,30m. Ferm\u00e9e aux deux extr\u00e9mit\u00e9s par un plateau tress\u00e9 ou une planche, elle est enduite d\u2019une \u00e9paisseur de 2 \u00e0 3 cm de terre qui en assure l\u2019\u00e9tanch\u00e9it\u00e9. Les trous de vol sont situ\u00e9s au bas de chaque couvercle.\u00a0 Elles sont souvent install\u00e9es c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te \u00e0 m\u00eame le sol ou sur une \u00e9tag\u00e8re, quelquefois sous un auvent. Leur productivit\u00e9 reste tr\u00e8s faible puisqu\u2019elles ne produisent que 3 \u00e0 5 litres de miel par an. D\u2019autres ruches traditionnelles sont constitu\u00e9es dans des poteries voire de simples planches assembl\u00e9es pour former un parall\u00e9l\u00e9pip\u00e8de.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La climatisation des ruches dans les dures conditions pr\u00e9sahariennes de la r\u00e9gion de SKOURA avec des temp\u00e9ratures pouvant d\u00e9passer les 45\u00b0C en \u00e9t\u00e9 pose de gros probl\u00e8mes. Des solutions originales ont donc \u00e9t\u00e9 recherch\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"text-decoration: underline;\">Les ruchers troglodytes du HAUT ATLAS<\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Situ\u00e9 dans le HAUT ATLAS \u00e0 une quarantaine de km au nord de SKOURA, le village berb\u00e8re de TAGRAGRA \u00a0n\u2019est accessible seulement que par la piste. Les gens y vivent tr\u00e8s simplement et ont conserv\u00e9 toutes les traditions. Le village n\u2019est d\u2019ailleurs reli\u00e9 au r\u00e9seau d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 que depuis quelques ann\u00e9es seulement. Il n\u2019y a pas d\u2019apiculture moderne \u00e0 TAGRAGRA.\u00a0 \u00c0 l\u2019\u00e9cart de toutes les grandes voies de communication, il n\u2019y a pas de transhumance non plus. L\u2019abeille jaune y est donc particuli\u00e8rement prot\u00e9g\u00e9e. Mais ce n\u2019est pas le plus \u00e9tonnant car ici les abeilles, prot\u00e9g\u00e9es des grandes chaleurs vivent dans la montagne.\u00a0 Il s\u2019agit de v\u00e9ritables ruchers troglodytes, creus\u00e9s dans la roche. La ruche, mur\u00e9e sur la partie avant, est compos\u00e9e de deux cavit\u00e9s partiellement s\u00e9par\u00e9es par une cloison. Celle qui offre l\u2019orifice de sortie contient la reine avec le couvain. C\u2019est uniquement de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 que s\u2019effectue la r\u00e9colte apr\u00e8s ouverture de la partie avant, en quelque sorte, une esp\u00e8ce de hausse\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"text-decoration: underline;\">Les ruchers enterr\u00e9s et les ruchers murs du DJEBEL SARHRO<\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Plus au sud, vers la vall\u00e9e du DRAA, dans le Djebel SARHRO, la probl\u00e9matique est toujours la m\u00eame\u00a0: prot\u00e9ger les abeilles de la chaleur. Ici, le probl\u00e8me est r\u00e9solu par la construction de ruchers en dur, les ruches se situant dans les murs ou\u2026 en creusant les ruches \u00e0 m\u00eame le sol\u2026\u00a0 L\u2019apiculteur que nous avons rencontr\u00e9 pratique \u00e9galement la transhumance avec des ruches LANGSTROTH. C\u2019est l\u00e0 que nous l\u2019avons d\u2019abord trouv\u00e9 o\u00f9 il bivouaquait sur place avec ses ruches. En l\u2019absence de v\u00e9g\u00e9tation haute, arbre et arbuste pour accueillir les \u00e9ventuels essaims, quelques pierres surmont\u00e9es de rameaux de gen\u00eats feront parfaitement l\u2019affaire et sont dispos\u00e9es \u00e7\u00e0 et l\u00e0. Apr\u00e8s le c\u00e9r\u00e9monial du th\u00e9 \u00e0 la menthe, nous le conduisons \u00e0 son rucher-mur situ\u00e9 \u00e0 quelques kilom\u00e8tres de l\u00e0. La construction est carr\u00e9e et abrite dans ses murs sur les quatre faces des colonies d\u2019abeilles. L\u2019acc\u00e8s aux ruches se fait par l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019habitat. Mais, plus surprenant encore sont des ruches quasiment enterr\u00e9es dans le sol. Les ruches sont obtur\u00e9es par une pierre plate, ciment\u00e9e par de l\u2019argile. Pour la r\u00e9colte du miel, il suffit de d\u00e9gager la pierre de sa gangue argileuse et on acc\u00e8de \u00e0 la colonie. On refermera le tout en repositionnant la pierre et en obturant les orifices avec l\u2019argile qui aura \u00e9t\u00e9 broy\u00e9 puis mouill\u00e9. Le soleil et la chaleur du Djebel SARHRO feront le reste\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"text-decoration: underline;\">Un pays aride mais une grande biodiversit\u00e9 v\u00e9g\u00e9tale<\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>La v\u00e9ritable richesse n\u2019est peut \u00eatre pas toujours l\u00e0 o\u00f9 l\u2019on croit.<\/strong> Un paysage vert de la France comme\u00a0 on peut en rencontrer au printemps dans beaucoup de nos campagnes avec des semis de c\u00e9r\u00e9ales \u00e0 perte de vue o\u00f9 les d\u00e9sherbants ont fait leur \u0153uvre sont de v\u00e9ritables d\u00e9serts pour les abeilles. Le paysage caillouteux du DJEBEL SARHRO qui semble d\u00e9sertique cache une extraordinaire biodiversit\u00e9 v\u00e9g\u00e9tale avec des plantes abondantes tr\u00e8s visit\u00e9es par les abeilles. Il ne faut pas s\u2019y m\u2019\u00e9prendre. Aridit\u00e9 ne signifie pas pauvret\u00e9 et les r\u00e9gions pr\u00e9sahariennes sont peupl\u00e9es de tout un floril\u00e8ge d\u2019esp\u00e8ces bien adapt\u00e9es \u00e0 ces difficiles conditions climatiques. Beaucoup de Brassicac\u00e9es, quelques Asterac\u00e9es, des gen\u00eats, des Convolvulac\u00e9es et beaucoup d\u2019autres taxons dont des Lamiac\u00e9es et des mol\u00e8nes (Scrophulariac\u00e9es). Mais en ce d\u00e9but avril, les paysages pierreux du Djebel sont parsem\u00e9s d\u2019immenses \u00e9tendues d\u2019asphod\u00e8les, plantes appartenant \u00e0 la famille des Liliac\u00e9es, tr\u00e8s visit\u00e9es par les abeilles et fournissant un excellent miel.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"text-decoration: underline;\">La palmeraie, un sillon vert d\u2019une grande richesse<\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u00e0, \u00e9galement, il existe une incroyable biodiversit\u00e9 v\u00e9g\u00e9tale qui n\u2019est que rarement pr\u00e9sente dans nos pays \u00e0 agriculture intensive. V\u00e9ritable source de vie, la v\u00e9g\u00e9tation de la palmeraie est tr\u00e8s diversifi\u00e9e\u00a0: dattiers, bien naturellement mais \u00e9galement, arbres fruitiers (amandiers), figuier de Barbarie, eucalyptus, tamaris, plantes ornementales. On y cultive des c\u00e9r\u00e9ales, mais \u00e9galement de la luzerne et des f\u00e9veroles. La grande floraison des amandiers lance la p\u00e9riode apicole et les abeilles trouvent des ressources de nectar et de pollen presque toute l\u2019ann\u00e9e avec n\u00e9anmoins une pose pendant les mois d\u2019hiver (d\u00e9cembre,\u00a0 janvier) et ceux d\u2019\u00e9t\u00e9 (juillet, ao\u00fbt) en raison des trop fortes chaleurs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il existe dans ces r\u00e9gions pr\u00e9sahariennes un potentiel nectarif\u00e8re important sur des plantes bien adapt\u00e9es \u00e0 ce climat pr\u00e9-d\u00e9sertique. L\u2019isolement g\u00e9ographique de la r\u00e9gion a favoris\u00e9 la sp\u00e9ciation d\u2019esp\u00e8ces v\u00e9g\u00e9tales end\u00e9miques mais \u00e9galement celle d\u2019une abeille end\u00e9mique, l\u2019abeille saharienne. L\u2019abeille saharienne appartient \u00e0 notre patrimoine. Sa survie d\u00e9pend en grande partie des actions qui seront entreprises pour la pr\u00e9server. L\u2019association ALBISHER pour le d\u00e9veloppement et l\u2019environnement et le CETAM \u2013 Lorraine s\u2019investissent pour la conservation de cette abeille qui contribue aux \u00e9quilibres \u00e9cologiques de la r\u00e9gion menac\u00e9s par l\u2019avanc\u00e9e du d\u00e9sert\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"text-decoration: underline;\">\u00c0 la recherche de l\u2019abeille saharienne<\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Apis mellifera sahariensis<\/em> (abeille saharienne) est l\u2019une des 3 races ou sous-esp\u00e8ces d\u2019abeilles pr\u00e9sente au Maroc. Elle diff\u00e8re des deux autres races marocaines, <em>A. mel. intermissa<\/em> (abeille tellienne) et <em>A. mel. major<\/em> par sa couleur jaune d\u2019or et sa douceur. Elle est parfaitement adapt\u00e9e aux r\u00e9gions arides et chaudes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019isolement g\u00e9ographique de cette r\u00e9gion pr\u00e9saharienne avec le Sahara au sud et \u00e0 l\u2019est, le HAUT ATLAS au Nord et l\u2019ANTI ATLAS \u00e0 l\u2019ouest a permis la sp\u00e9ciation de cette abeille originale. Forme de transition entre l\u2019abeille tellienne et l\u2019abeille <em>A. mellifera adansonii<\/em> de l\u2019Afrique sub-saharienne voire relique de cette derni\u00e8re datant de l\u2019\u00e9poque o\u00f9 le Sahara \u00e9tait vert, peu importe, l\u2019existence m\u00eame de cette abeille met parfaitement en \u00e9vidence le r\u00e9sultat de la s\u00e9lection naturelle dont les principes ont \u00e9t\u00e9 \u00e9nonc\u00e9s par Charles Robert DARWIN dont on a comm\u00e9mor\u00e9 le bicentenaire de sa naissance en 2009. La s\u00e9lection naturelle ne fonctionne que s\u2019il y a isolement g\u00e9ographique. Aujourd\u2019hui, l\u2019homme s\u2019affranchit de ces barri\u00e8res naturelles et met en communication\u00a0 des diff\u00e9rentes sous-esp\u00e8ces qui s\u2019hybrident et annihile en quelques d\u00e9cennies les effets d\u2019une s\u00e9lection naturelle quelquefois \u00e9tablie sur des millions d\u2019ann\u00e9es\u00a0!!! Introduction d\u2019abeilles telliennes et transhumance\u00a0 ont engendr\u00e9 une hybridation nettement visible gr\u00e2ce \u00e0 la diff\u00e9rence de coloration des abeilles avec en corollaire une forte augmentation de l\u2019agressivit\u00e9 des colonies en raison de l\u2019agressivit\u00e9 naturelle de l\u2019abeille tellienne et d\u2019un effet h\u00e9t\u00e9rosis bien connu chez <em>Apis mellifera<\/em>. L\u2019utilisation de pesticides pour lutter contre les ravages de <em>Locusta migratoria<\/em>, le criquet migrateur est source d\u2019appauvrissement de la biodiversit\u00e9 dont l\u2019abeille fait \u00e9galement les frais\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La prise de conscience de cette \u00e9volution a amen\u00e9 les apiculteurs de la r\u00e9gion de SKOURA \u00e0 essayer d\u2019inverser la tendance. Une forte motivation et la pratique d\u2019une apiculture moderne m\u00eame si elle demande encore un approfondissement dans les connaissances rendent cette perspective tout \u00e0 fait r\u00e9aliste. L\u2019ann\u00e9e 2010 devant \u00eatre consacr\u00e9e \u00e0 la formation et aux premiers \u00e9levages, il convenait de disposer pour fin mars &#8211; d\u00e9but avril 2010 de premi\u00e8res donn\u00e9es sur l\u2019existence de souches d\u2019abeilles sahariennes non hybrid\u00e9es permettant de d\u00e9marrer ces \u00e9levages.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L\u2019abeille saharienne, <em>Apis mellifera sahariensis<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1988, CORNUET et al. ont publi\u00e9 une \u00e9tude biom\u00e9trique des abeilles marocaines. Les r\u00e9sultats biom\u00e9triques des abeilles collect\u00e9es au sud-est de l\u2019ATLAS (OUARZAZATE, KELAAT, MAGOUNA, ARFOUD, ER RACHIDIA)\u00a0 concernent l\u2019abeille saharienne. N\u00e9anmoins, les auteurs soulignent qu\u2019il existe une diff\u00e9renciation locale au sein de cet ensemble. Le tableau ci-dessous donne le r\u00e9sultat de ces mesures en mm.<\/p>\n<table style=\"text-align: justify;\" border=\"1\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">\n<tbody>\n<tr>\n<td width=\"153\" valign=\"top\"><\/td>\n<td width=\"153\" valign=\"top\">Moyenne<\/td>\n<td width=\"153\" valign=\"top\">\u00c9cart-type<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"153\" valign=\"top\">Coloration<\/td>\n<td width=\"153\" valign=\"top\"><strong>1,504<\/strong><\/td>\n<td width=\"153\" valign=\"top\">0,275<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"153\" valign=\"top\">Pilosit\u00e9<\/td>\n<td width=\"153\" valign=\"top\">0,209<\/td>\n<td width=\"153\" valign=\"top\">0,026<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"153\" valign=\"top\">Tomentum<\/td>\n<td width=\"153\" valign=\"top\">0,728<\/td>\n<td width=\"153\" valign=\"top\">0,085<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"153\" valign=\"top\">Langue<\/td>\n<td width=\"153\" valign=\"top\"><strong>6,228<\/strong><\/td>\n<td width=\"153\" valign=\"top\">0,115<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"153\" valign=\"top\">Index A<\/td>\n<td width=\"153\" valign=\"top\">0,518<\/td>\n<td width=\"153\" valign=\"top\">0,043<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"153\" valign=\"top\">Index B<\/td>\n<td width=\"153\" valign=\"top\">0,222<\/td>\n<td width=\"153\" valign=\"top\">0,023<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019indice cubital moyen (Index A\/Index B) est de 2,33.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est int\u00e9ressant de comparer ces r\u00e9sultats avec ceux obtenus pour l\u2019abeille tellienne (Nord-ouest de l\u2019ATLAS)<\/p>\n<table style=\"text-align: justify;\" border=\"1\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">\n<tbody>\n<tr>\n<td width=\"153\" valign=\"top\"><\/td>\n<td width=\"153\" valign=\"top\">Moyenne<\/td>\n<td width=\"153\" valign=\"top\">\u00c9cart-type<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"153\" valign=\"top\">Coloration<\/td>\n<td width=\"153\" valign=\"top\"><strong>0,239<\/strong><\/td>\n<td width=\"153\" valign=\"top\">0,224<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"153\" valign=\"top\">Pilosit\u00e9<\/td>\n<td width=\"153\" valign=\"top\">0,217<\/td>\n<td width=\"153\" valign=\"top\">0,029<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"153\" valign=\"top\">Tomentum<\/td>\n<td width=\"153\" valign=\"top\">0,701<\/td>\n<td width=\"153\" valign=\"top\">0,083<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"153\" valign=\"top\">Langue<\/td>\n<td width=\"153\" valign=\"top\"><strong>6,652<\/strong><\/td>\n<td width=\"153\" valign=\"top\">0,119<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"153\" valign=\"top\">Index A<\/td>\n<td width=\"153\" valign=\"top\">0,544<\/td>\n<td width=\"153\" valign=\"top\">0,045<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"153\" valign=\"top\">Index B<\/td>\n<td width=\"153\" valign=\"top\">0,216<\/td>\n<td width=\"153\" valign=\"top\">0,024<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019indice cubital moyen (Index A\/Index B) est de 2,51.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est important de souligner que, classiquement, ce sont ces 6 valeurs qui sont \u00e9tudi\u00e9es, les r\u00e9sultats \u00e9tant interpr\u00e9t\u00e9s gr\u00e2ce aux techniques de l\u2019analyse discriminante. L\u2019indice cubital, classiquement, utilis\u00e9 par les apiculteurs ne se pr\u00eate pas directement \u00e0 ces \u00e9tudes car il s\u2019agit d\u2019un rapport entre deux variables statistiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La comparaison entre les deux tableaux montre que l\u2019abeille saharienne se diff\u00e9rencie de la tellienne par sa couleur jaune et sa langue courte, les autres crit\u00e8res \u00e9tant beaucoup moins discriminants.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par ailleurs, les apiculteurs marocains sont unanimes pour trouver que l\u2019abeille jaune est:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 plus adapt\u00e9e aux temp\u00e9ratures extr\u00eames de la zone\u00a0;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 plus r\u00e9sistante aux p\u00e9riodes de s\u00e9cheresse et au manque de nourrissement\u00a0;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 plus \u00e9conome et g\u00e8re mieux ses r\u00e9serves hivernales (miel et pollen)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 moins agressive et convient \u00e0 des \u00e9levages pr\u00e8s des habitations\u00a0;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 bonne nettoyeuse des ruches.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les avis sont plus partag\u00e9s sur sa productivit\u00e9, mais la comparaison est tr\u00e8s difficile en raison des grandes diff\u00e9rences dans les pratiques apicoles\u00a0: manque de technicit\u00e9 et persistance d\u2019une importante apiculture traditionnelle dont les r\u00e9sultats sont difficiles \u00e0 comparer entre eux et encore moins avec une apiculture moderne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Quand la tradition vient au secours de la modernit\u00e9<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La r\u00e9habilitation de l\u2019abeille saharienne ne peut se faire qu\u2019en plusieurs \u00e9tapes. La premi\u00e8re a \u00e9t\u00e9 de recenser les populations d\u2019abeilles et de rechercher si, parmi celles-ci, il existait des souches d\u2019abeilles jaunes susceptibles de participer \u00e0 un programme de r\u00e9habilitation\u00a0: s\u00e9lection, \u00e9levages de reines et de m\u00e2les, cr\u00e9ation d\u2019un conservatoire\u2026 Au printemps 2009, 30 \u00e9chantillons d\u2019une centaine d\u2019abeilles en provenance de 30 ruches de la r\u00e9gion de SKOURA ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9lev\u00e9s pour des \u00e9tudes morphom\u00e9triques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019id\u00e9e premi\u00e8re \u00e9tait de rechercher les souches d\u2019abeilles jaunes en \u00e9tudiant les 6 caract\u00e8res classiques mais surtout leurs caract\u00e8res les plus discriminants \u00e0 savoir coloration, longueur de la langue et, de fa\u00e7on moindre les deux segments des nervurations alaires de l\u2019indice cubital. Un d\u00e9lai trop long entre le pr\u00e9l\u00e8vement des abeilles et la r\u00e9ception des \u00e9chantillons dans notre laboratoire en France nous a oblig\u00e9 \u00e0 revoir notre protocole en raison de l\u2019impossibilit\u00e9 d\u2019effectuer certaines mesures comme la coloration et la longueur de la langue sur des abeilles compl\u00e8tement dess\u00e9ch\u00e9es. Seuls des crit\u00e8res alaires \u00e9taient encore exploitables. Nous avons d\u00e9cid\u00e9 de nous contenter de mesurer 4 crit\u00e8res alaires\u00a0: les deux segments de l\u2019indice cubital ainsi que le nombre de hamuli et la pr\u00e9sence ou l\u2019absence de l\u2019art\u00e8re radiale sur l\u2019aile post\u00e9rieure. Ces deux derniers crit\u00e8res n\u2019ont jamais \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9s sur l\u2019abeille saharienne, mais ont fait d\u00e9j\u00e0 l\u2019objet d\u2019\u00e9tude sur des abeilles europ\u00e9ennes particuli\u00e8rement en Allemagne.\u00a0 Les donn\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 exploit\u00e9es en utilisant les techniques statistiques classiques pour la variabilit\u00e9 intracolonie et l\u2019analyse en composantes principales (ACP) pour \u00e9valuer les \u00ab\u00a0distances\u00a0\u00bb entre chaque colonie. Ces derniers r\u00e9sultats sont repr\u00e9sent\u00e9s dans le diagramme ci-contre dans\u00a0 un espace \u00e0 3 dimensions repr\u00e9sentant les 3 composantes principales. Les colonies se rapprochant le plus de l\u2019abeille saharienne sont cercl\u00e9es en rouge. Les autres sont plus ou moins hybrid\u00e9es. Parmi les premi\u00e8res, 3 ont retenu particuli\u00e8rement notre attention particuli\u00e8re en raison de leur grande homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 interne (faible \u00e9cart-type sur les mesures). Cette faible variabilit\u00e9 est tr\u00e8s importante, ces colonies \u00e9tant destin\u00e9es \u00e0 produire des reines s\u00e9lectionn\u00e9es. Par ailleurs, en 2010, cette homog\u00e9n\u00e9it\u00e9\u00a0 a pu \u00eatre confirm\u00e9e par une \u00e9tude in-situ de leur coloration avec absence d\u2019abeilles noires.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En final, au printemps de cette ann\u00e9e, nous savions que l\u2019abeille jaune, bien que menac\u00e9e par l\u2019hybridation, \u00e9tait encore bien pr\u00e9sente dans certains secteurs. C\u2019est surtout dans les montagnes du HAUT-ATLAS, dans les vall\u00e9es, loin des grandes zones de transhumances o\u00f9 persiste une apiculture traditionnelle que nous avons trouv\u00e9 les souches \u00ab\u00a0sahariensis\u00a0\u00bb les plus pures. D\u2019une certaine fa\u00e7on c\u2019est la tradition qui est venu au secours de la modernit\u00e9\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"text-decoration: underline;\">Une formation en 2010 \u00e0 SKOURA<\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Du 29 mars au 02 avril, le programme de sauvegarde de l\u2019abeille saharienne a officiellement \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9 par une formation des apiculteurs de la r\u00e9gion de SKOURA.\u00a0 Au programme, une formation th\u00e9orique et pratique tr\u00e8s compl\u00e8te. La premi\u00e8re journ\u00e9e a \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9e \u00e0 la conduite des ruches modernes dans les conditions subsahariennes en pr\u00e9sence de varroas. Bien que les apiculteurs ne traitent pas contre le varroa, nous n\u2019avons d\u2019ailleurs pas constat\u00e9 de prolif\u00e9ration de varroas ni la moindre abeille atrophi\u00e9e dans les ruches. Les jours suivants il n\u2019a plus \u00e9t\u00e9 question que l\u2019\u00e9levage de reines, des m\u00e9thodes de s\u00e9lection et des techniques morphom\u00e9triques appliqu\u00e9es \u00e0 l\u2019abeille. Enfin le dernier jour a \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9 \u00e0 la mise en place de programmes d\u2019\u00e9levage associ\u00e9 \u00e0 un plan de s\u00e9lection visant \u00e0 favoriser et \u00e0 prot\u00e9ger l\u2019abeille\u00a0\u00ab\u00a0jaune\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La moiti\u00e9 des journ\u00e9es a\u00a0 \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9e \u00e0 la pratique qui s\u2019est d\u00e9roul\u00e9e dans un rucher mis \u00e0 disposition dans la palmeraie. Dans le sud marocain, \u00e0 cette \u00e9poque de l\u2019ann\u00e9e nous sommes d\u00e9j\u00e0 en p\u00e9riode d\u2019essaimage et la p\u00e9riode \u00e9tait propice \u00e0 l\u2019\u00e9levage de reines. L\u2019auditoire toujours studieux et attentif a profit\u00e9 au maximum du talent de Marc KUNTER, apiculteur, membre du CETAM second\u00e9 par Omar TOUROUGUI, ex apiculteur mosellan, aujourd\u2019hui en Ard\u00e8che qui ont assur\u00e9 cette partie de la formation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c9levage de reines sur cellules naturelles, confection de cupules, greffage, fabrication d\u2019un starter, marquage des reines, introduction des reines, ruchettes de f\u00e9condation, utilisation des reines \u2013 tout a \u00e9t\u00e9 pass\u00e9 en revue. La chaleur qui r\u00e9gnait d\u00e9j\u00e0 \u00e0 cette \u00e9poque de l\u2019ann\u00e9e nous a oblig\u00e9 \u00e0 aller au rucher d\u00e8s potron-minet jusqu\u2019en milieu de matin\u00e9e puis \u00e0 nouveau en soir\u00e9e quelquefois jusqu\u2019\u00e0 la tomb\u00e9e de la nuit, le reste de la journ\u00e9e \u00e9tant consacr\u00e9e \u00e0 la th\u00e9orie. Si les colonies \u00e9taient bien pr\u00eates, c\u2019est du c\u00f4t\u00e9 du mat\u00e9riel qu\u2019il a eu quelques probl\u00e8mes avec des ruches \u00ab\u00a0Langstroth\u00a0\u00bb locales pas toujours de format standard. Malgr\u00e9 ces quelques difficult\u00e9s mat\u00e9rielles, les premi\u00e8res reines sahariennes sont n\u00e9es peu apr\u00e8s notre d\u00e9part et les informations que j\u2019ai eues depuis m\u2019ont appris qu\u2019elles avaient \u00e9t\u00e9 bien utilis\u00e9es. Le dernier jour a surtout \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9 \u00e0 la remise de dipl\u00f4me aux stagiaires d\u2019autant plus motiv\u00e9s pour continuer que ce programme int\u00e9resse \u00e9galement d\u2019autres associations comme celle de TIFLITE qui pourrait se joindre \u00e0 l\u2019association \u00ab\u00a0ALBISHER\u00a0\u00bb\u2026..<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En marge de cette formation, deux excursions, l\u2019une dans la r\u00e9gion de TAGRAGA dans le sud du Haut Atlas, l\u2019autre dans le Djebbel SARHRO m\u2019ont permis de visiter quelques ruchers \u00e0 la recherche de souches sahariennes qu\u2019il est assez facile de d\u00e9tecter, ces abeilles \u00e9tant les seules \u00e0 coloration jaunes dans tout le Maroc. Si l\u2019hybridation est quelquefois assez nette dans le Djebbel, zone de transhumance, elle est certainement tr\u00e8s faible dans les vall\u00e9es recul\u00e9es du Haut Atlas quelquefois tr\u00e8s difficiles d\u2019acc\u00e8s m\u00eame en 4&#215;4. Il existe manifestement des ressources en abeilles sahariennes qui laissent des espoirs importants de la r\u00e9ussite d\u2019un programme de sauvegarde. Ce point important devra cependant \u00eatre v\u00e9rifi\u00e9 par la morphom\u00e9trie. C\u2019est dans ce but que notre laboratoire accueillera en 2011 un stagiaire pour le former au mesures morphom\u00e9triques m\u00eame si les parties \u00ab\u00a0statistique\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0interpr\u00e9tation\u00a0\u00bb continuent \u00e0 se faire en France.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par ailleurs, une nouvelle \u00e9quipe du CETAM compos\u00e9e de Marc KUNTER et de Louis PISTER devrait se rendre sur place d\u00e9but 2011 pour conforter la formation initiale donn\u00e9e cette ann\u00e9e. Il existe des besoins \u00e9normes de formation et surtout de documentation bibliographique dans cette r\u00e9gion, une des plus pauvres du Maroc o\u00f9 l\u2019agriculture et l\u2019apiculture tiennent une place de premi\u00e8re importance.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La formation qui s\u2019est d\u00e9roul\u00e9e en pr\u00e9sence de Monsieur Hassan EL HACHINI technicien \u00e0 l\u2019Office de Mise en Valeur Agricole de SKOURA\/OUARZAZATE est donc un grand succ\u00e8s avec des espoirs pour que cette action puisse \u00eatre int\u00e9gr\u00e9 au programme \u00ab\u00a0Maroc vert\u00a0\u00bb avec en objectif, la cr\u00e9ation d\u2019un conservatoire de l\u2019abeille jaune. L\u2019abeille saharienne fait partie de notre patrimoine et, comme l\u2019abeille noire en France, elle doit \u00eatre prot\u00e9g\u00e9e. C\u2019est une abeille magnifiquement adapt\u00e9e aux conditions semi arides sub-sahariennes. Cette abeille \u00e0 langue courte nous donne m\u00eame une le\u00e7on d\u2019\u00e9volution. La flore des r\u00e9gions semi-arides est adapt\u00e9e \u00e0 la s\u00e9cheresse. Elle est g\u00e9n\u00e9ralement petite et pr\u00e9sente, soit un caract\u00e8re succulent (plantes dites \u00ab\u00a0grasses\u00a0\u00bb), soit une importante r\u00e9duction de ses surfaces foliaires (les feuilles pouvant m\u00eame devenir \u00e9pineuses) pour diminuer l\u2019\u00e9vapotranspiration. Les fleurs elles-m\u00eames sont souvent petites avec des corolles peu profondes. Des abeilles \u00e0 langue longue n\u2019ont aucun int\u00e9r\u00eat dans ces conditions. La luzerne, elle-m\u00eame, cultiv\u00e9e dans la palmeraie est visit\u00e9e par l\u2019abeille saharienne. C\u2019est le mythe de l\u2019abeille \u00e0 la langue la plus longue qui en prend un coup. Une abeille doit surtout \u00eatre en harmonie avec le milieu naturel dans lequel elle vit, harmonie morphologique et comportementale pour que son d\u00e9veloppement soit toujours en phase avec celui de la v\u00e9g\u00e9tation. La s\u00e9lection naturelle fait que c\u2019est toujours le cas quand l\u2019homme ne se m\u00eale pas de perturber des \u00e9quilibres mill\u00e9naires\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">VOIR R\u00c9SUM\u00c9 ET PHOTOS CI-DESSOUS<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.cetam.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2010\/07\/Skoura1-d2702.jpg\" alt=\"\" \/><!--more--><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.cetam.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2010\/07\/SKOURA2-f6570.jpg\" alt=\"\" \/><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.cetam.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2010\/07\/SKOURA3-b77c2.jpg\" alt=\"\" \/><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.cetam.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2010\/07\/SKOURA4-8fda0.jpg\" alt=\"\" \/><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.cetam.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2010\/07\/SKOURA5-349bd.jpg\" alt=\"\" \/><\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><strong>L<\/strong><span style=\"color: #0000ff;\">&lsquo;abeille saharienne, une abeille jaune et douce<br \/>\n<\/span><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.cetam.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2010\/07\/Sahariensis.jpg\" alt=\"\" \/><\/span><span style=\"color: #0000ff;\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.cetam.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2010\/07\/Banderole-2.jpg\" alt=\"\" \/><br \/>\n<\/span><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #0000ff;\">La palmeraie de SKOURA<br \/>\n<\/span><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.cetam.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2010\/07\/Palmeraie.jpg\" alt=\"\" \/><\/span><span style=\"color: #0000ff;\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.cetam.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2010\/07\/Saharienne-e815a.jpg\" alt=\"\" \/><br \/>\n<\/span><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #0000ff;\">De nombreux stagiaires tr\u00e8s motiv\u00e9es<br \/>\n<\/span><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><br \/>\n<\/span><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.cetam.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2010\/07\/Stagiaires.jpg\" alt=\"\" \/><br \/>\n<\/span><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #0000ff;\">Transhumance dans le Djebbel SARHRO<br \/>\n<\/span><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><br \/>\n<\/span><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.cetam.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2010\/07\/Transhumance.jpg\" alt=\"\" \/><\/span><\/h3>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>2012 : -les apiculteurs marocains en Moselle Ci-dessous article paru dans le R\u00e9publicain lorrain du 05 juillet 2012 RL 050712 abeille saharienne Ann\u00e9e internationale de la biodiversit\u00e9\u00a0: un programme pour sauver l\u2019abeille saharienne, Apis mellifera sahariensis\u2026 &nbsp; L\u2019ann\u00e9e 2010 est l\u2019ann\u00e9e internationale de la biodiversit\u00e9. La liste des esp\u00e8ces menac\u00e9es par suite de la pression [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[16,28,32,59],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/cetam.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/65"}],"collection":[{"href":"http:\/\/cetam.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/cetam.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cetam.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cetam.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=65"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/cetam.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/65\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/cetam.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=65"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/cetam.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=65"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/cetam.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=65"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}